Syrie : Un photographe de guerre raconte ce métier à risques

Photoreporter. C’est la profession que Corentin Fohlen, 30 ans, a choisi d’épouser il y a sept ans maintenant. « J’ai commencé par couvrir des manifestations et des événements politiques en France. Et petit à petit, je suis parti à l’étranger. » Lui ne se dit pas photographe de guerre. Il trouve plus juste de dire qu’il se rend « là où l’Histoire se fait ». En quelques années, il a couvert la révolte des Chemises Rouges en Thaïlande, les combats politiques au Congo, les manifestations anti-CPE à Paris, le seïsme en Haïti, et d’autres théâtres d’événements.

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Portrait de June Newton

Des deux côtés de l’objectif, June Newton, de son vrai nom June Brunell, aura marqué l’histoire de la photographie. La jeune femme fait des débuts remarqués au théâtre en tant que comédienne sous le pseudonyme de June Brown, mais son mariage, en 1948, avec le grand photographe Helmut Newton va bouleverser le cours de sa carrière. Modèle récurrent et privilégié de son époux passé maître dans l’art du nu, la muse devient elle-même une photographe reconnue en 1970 sous le pseudonyme d’Alice Springs. Directrice de la fondation Helmut Newton, June Newton s’attache à préserver et à diffuser l’immense oeuvre de son mari sans pour autant renoncer à sa propre carrière de photographe.

source : evene.fr

Portrait de Rémi Ochlik

Rémi Ochlik, photojournaliste de 28 ans, a été tué le 23 février 2012 dans les bombardements de l’armée syrienne sur la ville de Homs.

Originaire de la vallée de la Fensch, le jeune homme, élève à l’école Marcel-Pagnol de Serémange-Erzange, caressa un temps l’idée de devenir aventurier, avant de se tourner vers la photographie. Ainsi, il intégra ICART, une école parisienne, après avoir décroché son bac à 17 ans au lycée Saint-Pierre-Chanel de Thionville. « Mes parents voulaient que je continue mes études », avait-il confié en 2004 à l’une de nos journalistes. « Je me suis inscrit à Icart-Photo. Un deal entre nous. »

Pendant son stage à l’agence Wostok, Rémi s’essaya à ses premiers reportages : « le G8 en Suisse, la marée noire en Bretagne, des manifs d’étudiants contre la guerre en Irak… »
« Toujours devant »

Le jeune homme regrettait toutefois de ne pas être envoyé sur les terrains de guerre. « Personne ne veut prendre le risque de m’y envoyer, parce que je suis trop jeune », racontait-il, toujours à notre collègue. « À l’agence, on ne voulait pas avoir ma mort sur la conscience. »

En février 2004, à tout juste 20 ans, Rémi tomba sur une dépêche de l’AFP évoquant le conflit en Haïti, où des rebelles menaçaient de prendre le pouvoir après la chute du président Aristide. « J’ai changé mes projets, j’ai eu du nez et j’ai réalisé un rêve : être là-bas et faire mes photos. »

Une décision déterminante pour l’avenir du photographe, qui recevra pour son travail le prix François-Chalais pour les jeunes reporters et une présentation à Visa pour l’Image à Perpignan. « Haïti m’a permis de faire mes preuves, et surtout de me conforter dans l’idée que c’est ce métier et rien d’autre qui me convient », expliquait-il dans nos colonnes.

Un avis partagé par tous ceux qui, un jour, avaient travaillé avec lui. « Il avait envie de bouffer du terrain, ce métier, il le transpirait, il l’aimait profondément », racontait hier son confrère Franck Medan. « J’ai été impressionnée par son talent extraordinaire. Les photojournalistes aussi doués que lui sont rares », s’enthousiasmait Slavica Jovicevic, ancienne directrice de l’agence Wostok, lors du festival international de photojournalisme Visa pour l’Image.

En 2005, Rémi fonda à Paris l’agence IP3 Press. Il se consacra alors essentiellement à la couverture des conflits : République démocratique du Congo en 2008, élection présidentielle en Haïti en 2010, révolutions arabes en 2011. Ses photos furent reprises dans plusieurs magazines nationaux. Lui-même fut primé au célèbre prix World Press Photo début 2012 pour son travail en Libye.

« La photo et le terrain, c’était son truc. Il ne voulait pas être derrière, mais aller toujours de l’avant », se souvient Michel, une connaissance. Qui confie au passage : « Rémi avait la tête sur les épaules. À chaque fois qu’il partait, il laissait une enveloppe dans son hôtel, avec à l’intérieur des consignes au cas où il ne reviendrait pas ». Michel se rappelle un jeune homme passionné de photographie, curieux, dynamique et fidèle en amitié. « Il revenait dans la vallée de la Fensch pour rendre visite à ses amis et à sa famille. »

source : republicain-lorrain.fr